Andrew Magnaye : Transmettre l’héritage d’un proche aidant

Andrew Magnaye

Andrew Magnaye pense souvent à laisser un héritage, non pas sous forme de biens matériels ou de richesse, mais bien par la façon de prendre soin des autres et d’être la meilleure personne possible. C’est une promesse qu’il a faite à deux membres de sa famille, aujourd’hui décédées : sa grand-mère et sa tante, qui sont parties des Philippines pour s’établir au Canada.

Magnaye s’inspire de leur générosité et de leur bienveillance dans son rôle d’analyste principal des politiques au ministère de l’Aide à la vie autonome et des Services sociaux du gouvernement de l’Alberta. Ce poste lui semblait idéal : une occasion de mettre à profit son expérience de coordonnateur de l’éducation auprès de Caregivers Alberta, où il fournissait de l’information et du soutien pour autonomiser les proches aidants familiaux.

« Pouvoir contribuer à influencer des changements majeurs à ce niveau est une occasion unique dans une vie, déclare M. Magnaye, originaire de Winnipeg et vivant maintenant à Edmonton. J’observe les problèmes, les enjeux politiques et même le fonctionnement des systèmes, sous différents angles. »

L’un de ses objectifs est de faire en sorte que davantage de personnes soient au courant du soutien disponible – et où le trouver – lorsqu’elles en ont le plus besoin. « J’aborde mon travail en me fondant sur mon expérience et en tant que proche aidant, explique-t-il. Issus d’une famille d’immigrants, nous pensions que nous allions nous occuper nous-mêmes des personnes âgées. Nous savions peu de choses sur le système de santé ou les prestations et les programmes qui auraient pu nous aider. Je souhaite abattre ces barrières pour ceux qui ont l’impression de ne pas avoir accès à du soutien. »

Le travail actuel de M. Magnaye est influencé par son expérience avec AGE‑WELL et l’Université de l’Alberta. Grâce au programme de formation unique d’AGE‑WELL, EPIC, M. Magnaye a vu s’ouvrir devant lui un monde de possibilités pour améliorer la vie des proches aidants, dont ceux dans des familles d’immigrants. C’était un rôle qu’il comprenait bien, ayant pris soin de sa grand-mère dès son plus jeune âge. Il remercie également Janet Fast, chercheuse chez AGE‑WELL, qui était sa superviseure des études au sein de l’équipe sur la recherche, le vieillissement, les politiques et les pratiques de l’Université de l’Alberta, de l’avoir orienté vers la bonne voie professionnelle.

“Je veux m’assurer que le rôle de proche aidant et la gestion des difficultés de la vie ne sont pas de nature à créer de l’isolement. C’est ce qui m’attire dans mon travail.”
Andrew Magnaye

 

Travailler comme assistant de recherche aux côtés de feue Mme Fast et de Jacquie Eales, directrice de recherche de l’équipe sur la recherche, le vieillissement, les politiques et les pratiques, a été une expérience révélatrice. Grâce à elles, il a découvert qu’une multitude de possibilités s’offraient à lui, un constat renforcé lors d’un échange international à l’Université de Sheffield, au Royaume-Uni. Avec le soutien d’AGE‑WELL, il a cherché à approfondir sa compréhension de la migration et des soins.

« Je pensais que la seule façon d’aider les proches aidants était d’en être un, ou de travailler dans le secteur de la santé, explique-t-il. Mmes Fast et Eales m’ont fait prendre conscience qu’il existe de nombreux environnements où les proches aidants peuvent jouer un rôle, en particulier du point de vue de la recherche et des politiques. J’ai vraiment compris comment les personnes dans ma situation peuvent utiliser les données, les données probantes et les expériences vécues pour orienter ce qu’elles font. »

AGE‑WELL l’a inspiré à aller plus loin dans cette quête. « Cela favorise la création de ponts, plutôt que de cloisonnements, entre ceux d’entre nous qui souhaitent améliorer la vie des personnes âgées et des proches aidants. »

En réfléchissant à sa carrière jusqu’à maintenant, M. Magnaye reconnaît un fil conducteur : « Je veux m’assurer que le rôle de proche aidant et la gestion des difficultés de la vie ne sont pas de nature à créer de l’isolement. C’est ce qui m’attire dans mon travail », conclut-il.

C’est là un héritage dont M. Magnaye et sa famille peuvent être fiers.